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La traçabilité, au service de la chaîne logistique

La nécessité de traçabilité, apparue il y a 10 ans avec les crises sanitaires à grande échelle, a permis de mettre en lumière auprès du grand public mais aussi des entreprises toute l'étendue et la complexité de la chaîne logistique. Le déploiement de la traçabilité révèle très souvent un intérêt beaucoup plus profond que le seul souci de sécurité.

A l'origine, la traçabilité a pour seule vocation de répondre au besoin de sécurité. Elle s'est alors vécue comme une contrainte réglementaire même si les premières entreprises à passer le cap ont pu avancer ce respect des normes comme avantage.

Avec la seule volonté de répondre à la réglementation, la démarche de traçabilité a consisté essentiellement à quantifier et qualifier les flux au sein de l'entreprise. Ce premier exercice a déjà plusieurs vertus dont celui de matérialiser la chaîne logistique puis de mettre en lumière les premières sources d'optimisation évidentes sans même l'aide d'outil d'analyse spécifique.

Aujourd'hui, les projets de traçabilité bénéficient à l'amélioration de toute la chaîne logistique En effet, les finalités et les conditions de réussite qui caractérisent la traçabilité et l'organisation de la chaîne logistique convergent. Si en terme d'objectifs, le compromis entre le coût, la qualité et le délai semble évident, le rapprochement entre les facteurs clés de succès est encore plus marquant : précisions des prévisions, fiabilité des données utilisées, collaboration sur le mode du partenariat entre les acteurs internes et externes à l'entreprise, simplicité et fréquence des échanges d'informations adaptés, répartition claire des responsabilités, mesure de la performance.

La traçabilité peut alors constituer la colonne vertébrale et le leitmotiv d'un projet de logistique globale. Contrairement au concept de supply chain très prometteur mais trop abstrait pour générer des projets concrets et des résultats rapides, la traçabilité est un catalyseur au sein de ces projets transversaux.

Cet effet fédérateur prend tout son sens lorsque les entreprises abordent la collaboration avec leurs partenaires. Une démarche de traçabilité ne se fait pas sans son environnement direct, elle nécessite des informations détenues par ses clients ou ses fournisseurs et le niveau de qualité finale obtenue ne dépend plus uniquement de l'organisation interne à l'entreprise. En étant contraint de collaborer sur un sujet concret, l'idée d'optimiser la chaîne logistique globale peut voir le jour.

Mais la mise en œuvre commune d'un projet de traçabilité vient alors se heurter à la capacité des entreprises à fédérer des technologies nouvelles. En effet, à tous les stades de la gestion de l'information, de sa réception à sa diffusion en passant par son stockage, les outils doivent faire cohabiter plusieurs technologies. La normalisation ou la standardisation des données, comme dans l'automobile avec Galia ou dans la distribution avec EAN, apportent parfois des réponses positives mais nécessitent plusieurs décennies pour une intégration diffuse dans l'ensemble de la filière. n

 

 

 

Steven GERARD - Directeur

Ecole Supérieure de Logistique Industrielle

Tél : 02 99 71 60 20

sgerard@rennes.cci.fr