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L'environnement sous surveillance avec l'aide des TIC ...

L'évolution rapide et constante de l'environnement, sous l'action notamment des pressions exercées par les sociétés, impose le recours à des outils spécifiques. Ces outils sont indispensables pour permettre un suivi des processus environnementaux, l'actualisation des bases de données environnementales nécessaires pour mettre en place des politiques d'action et de préservation compatible avec le développement socio-économique. Un certain nombre d'indicateurs doivent donc être mesurés et suivis dans le temps et dans l'espace nécessitant des méthodologies et des outils adaptés et innovants.

Les technologies spatiales de l'information ont ainsi pris une place croissante dans ces opérations de suivi et diagnostic environnemental. Articulées aux questions posées par la recherche, elles ont aussi évolué de manière à mieux répondre aux questions de la société en général afin de pouvoir être en mesure de fournir des informations en tout point du territoire. En ce sens, les outils d'observation spatiale sont emblématiques, non seulement du bouleversement technologique qui s'est opéré depuis une trentaine d'années mais aussi de la diversité des moyens et des ressources disponibles pour le suivi de l'environnement.

Depuis le lancement du premier satellite météorologique (TIROS en 1960), puis du premier satellite d'observation de la Terre (Landsat en 1972, suivi par le satellite européen SPOT en 1986) les programmes de surveillance du climat et de l'environnement se sont largement développés avec une triple évolution :

- une amélioration croissante des résolutions spatiales (80 mètres pour le premier Landsat, 2,5 mètres pour SPOT-5), spectrales et temporelles (une image acquise tous les quart d'heure pour le dernier METEOSAT dit de Seconde Génération).

- Une diversification des plates formes d'observation (et des pays lanceurs) et des thématiques couvertes : étude de la déformation superficielle de l'océan, de la couleur de l'eau, du stress hydrique de la végétation, des aérosols atmosphériques, etc…

- Une meilleure intégration des données issues de l'observation spatiale dans les modèles globaux, les recherches sur l'environnement en général (programme LUCC Land Use Land Cover Change) et les politiques publiques (programmes européens CORINE, MARS, GMES,…).

En Bretagne, la technologie spatiale est bien implantée comme en témoignent les dynamismes autour des fédérations de recherche CAREN (à Rennes), IUEM (à Brest), mais aussi l'activité des centres comme le CMS de Lannion, certains instituts et grandes écoles (IRISA, ENSTB, …). Dans l'équipe COSTEL de l'Université Rennes 2, les chercheurs participent ainsi, non seulement à l'évaluation de nouveaux capteurs, mais aussi à l'intégration des informations environnementales fournies par les satellites dans des programmes de recherches plus larges et en direction des collectivités territoriales. Le regroupement des compétences dans ce domaine au niveau régional est un des enjeux de cette décennie et devra placer la Bretagne au cœur du réseau des régions européennes utilisatrices de technologies spatiales.

 

 

Vincent Dubreuil

Géographe à l'Université Rennes 2

Directeur de l'équipe COSTEL

Membre de l'IFR CAREN

Tél : 02 99 14 18 55

E-mail : vincent.dubreuil@uhb.fr