Nouveaux médias : un grand besoin de journalisme
Journal, ordinateur, assistant personnel, télévision, i-phone : les consommateurs d'actualité et de divertissement ont, parallèlement à une offre de contenus de plus en plus large, où la vidéo tient une place croissante, une offre de plus en plus diversifiée de canaux et de plates-formes techniques.
Adaptées à chaque usage, celles-ci sont sans cesse plus performantes, simples d'utilisation et bon marché. Le client-usager-citoyen passe d'un support à l'autre selon le besoin et l'humeur de l'instant, s'affranchit des grilles de diffusion et de lecture que, naguère, les médias entendaient lui imposer.
Mieux encore : de récepteur, voici que le lecteur devient acteur et prétend, à son tour, créer de l'information. L'internet et le haut-débit lui donnent aujourd'hui un pouvoir de diffusion -sinon d'influence- comparable à celui des majors de l'information.
Ne nous y trompons pas : c'est une révolution copernicienne qui se développe sous nos yeux. Les journalistes professionnels ne peuvent plus se penser au centre du monde, irradiant de leur savoir exclusif un public fasciné et captif. Il leur faut se repositionner dans la société, se reconstruire une fonction de médiation que le public, désormais, a pris l'habitude de leur contester souvent. Aussi souvent, et avec aussi peu d'indulgence, qu'il conteste au politique sa capacité à infléchir le cours des choses.
Alors, la fin des médias ? Pas certain. Du moins s'ils actionnent les deux clés qui feront la démonstration de leur utilité: l'audace et la qualité. Ils doivent pour cela, sans perdre de vue les fondamentaux de l'information, remettre en question leurs horloges biologiques, bousculer leurs codes d'écriture, marier le texte, l'infographie en flash et la vidéo, réapprendre une forme d'humilité et de rigueur que l'ordre ancien, celui de l'initié côtoyant les puissants et dispensant son savoir au profane, leur avait parfois fait perdre de vue.
Alors, dans un univers tourbillonnant de rumeurs, d'opinions, de canulars, de communication politique ou commerciale, de mensonges savamment maquillés et de parcelles de vérités, les médias auront à jouer un rôle éminent de détection, de modération, de certification et d'analyse. Guider la réflexion, donner du sens, tel est leur nouvel horizon. Peu importe, au fond, les technologies disponibles, l'information, la vraie, sera toujours un bien rare et précieux.
Olivier Clech
Rédacteur en chef
Le Télégramme
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