Réalités industrielles et recrutement : enjeux pour les formations scientifiques et technologiques...
Le développement de l'électronique n'est plus cantonné aux seuls domaines historiques des courants faibles, les automatismes notamment ont intégré les technologies communicantes, la RFID ou encore la vision industrielle. De nouveaux composants émergent qui associent de manière très intégrée et intime des fonctions qui naguère étaient des domaines respectifs de la mécanique et de l'électronique. Cette démarche mécatronique dépasse le principe de la simple juxtaposition et implique de nouvelles méthodologies inspirées par la systémique, l'interdisciplinarité et la pluri technologie.
Des compétences transversales qui, au fil des rénovations, s'inscrivent dans les référentiels de formation des bacs S Sciences de l'Ingénieur, Sciences et Technologies Industrielles et STS. Les filières STI constituent pour environ 6 % des bacheliers une alternative plus accessible que le bac S. Ces jeunes intègrent ensuite à 80 % un IUT ou une STS avant d'accéder à l'insertion professionnelle ou aux poursuites d'études. L'université également est en phase avec ces évolutions avec, pour le seul exemple du bassin rennais, les formations mécatroniques de Rennes 1 et de l'ENS.
Les liens entre les entreprises et les écoles d'ingénieurs ou les laboratoires sont généralement bien identifiés mais le "potentiel de partenariat" des cycles plus courts est parfois méconnu. Par exemple, des projets industriels sont réalisés chaque année par les étudiants des STS Mécanique et Automatismes Industriels (MAI) : Il s'agit de développer ou de faire évoluer un équipement de production automatisé, conformément à un cahier des charges défini par un partenaire industriel. Cette démarche, cadrée par le référentiel du BTS, constitue à la fois un support pour la formation et l'examen.
Ainsi, le lycée apporte de nouvelles ressources à l'entreprise notamment un produit temps/réflexion élevé, la possibilité de développer des projets dormants, un regard différent puisqu'il n'y a pas de culture maison a priori… La connaissance mutuelle qui découle de ce travail facilite, pour l'entreprise, l'identification de futurs collaborateurs et participe, pour l'étudiant, à la construction du projet professionnel. Cette démarche renforce la dynamique des partenaires et pérennise l'adéquation de l'enseignement au réalisme des problématiques industrielles.
Au-delà de cet exemple c'est l'orientation des jeunes vers les formations scientifiques et technologiques qui doit tirer bénéfice des bonnes relations entre l'école et l'entreprise. Parmi les nombreuses initiatives qui œuvrent en ce sens signalons celle du Pôle Productique de Bretagne avec l'organisation à Lannion le 19 novembre 2008 des 4èmes Trophées de la productique.
Dominique Prigent
Chef de Travaux - Lycée Joliot-Curie
Tél : 02 99 28 81 65