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TIC versus Développement durable

Les relations entre les TIC et le développement durable sont fondamentales pour la société nouvelle qu'il nous faut construire à marche forcée compte tenu de l'évolution des enjeux mondiaux. Si certaines sont repérées depuis déjà longtemps, d'autres sont seulement pressenties.

Distinguons trois questionnements différents :

 

1/ Les professionnels des TIC : en quête de performance

La "D3E" a fait prendre conscience des impacts environnementaux des TIC.

Si les aspects énergétiques commencent à être considérés, ils restent faibles au regard des contributions que les TIC peuvent apporter en terme d'efficacité énergétique dans tous les secteurs d'activité. En effet, les TIC ont un apport positif dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES) quatre fois supérieur à leur impact direct. Ils permettent de mesurer, contrôler, optimiser et finalement réduire ces émissions.

Quant à leur consommation d'électricité, elle atteindrait plus de 13% de la consommation nationale (18 % aux USA) et sa croissance serait de l'ordre de 10 % par an. On pourrait faire mieux en incitant les opérateurs à réduire les consommations en recourant à l'étiquetage énergétique qui a fait ses preuves dans l'électroménager.

2/ Les professionnels "verts" : intéressés par les applications des TIC à l'environnement, à l'énergie, au développement durable.

Il y a manifestement beaucoup à gagner : l'usage et la diffusion des TIC permettant des économies substantielles d'émissions de GES.

Si certaines applications se développent spontanément du fait des économies qu'elles génèrent, d'autres progressent difficilement, notamment le télétravail.

Sans doute est-il complexe d'évaluer les économies possibles.

Signalons en matière de mobilité les gains possibles grâce au GPS qui permet d'optimiser les itinéraires, par la gestion de la circulation qui permet de limiter les embouteillages, ou par les télé-services qui limitent les besoins de déplacement.

Dans le domaine du bâtiment, la domotique concourt à la maîtrise des consommations d'énergie et permet le maintien à domicile des personnes âgées ce qui limite les coûts hospitaliers.

3/ Les mordus d'Internet : visionnaires du  Développement durable

Ceux-là considèrent les apports potentiels des TIC à une économie réinventée, sobre et propre, tout autant que les nouveaux services contribuant à la connaissance, à la transparence des informations et des processus de décision.

En matière d'accès au numérique et donc aux services qu'il permet (ex : espaces dédiés au télétravail), la question de la couverture du territoire (très haut débit) s'exprime en termes techniques et sociétaux à travers l'égalité de traitement.   

La diffusion des TIC dans tous les foyers fait évoluer la vie démocratique et la gouvernance des territoires : participation aux agendas 21 et aux débats publics, transparence de l'information, concertation…

A travers ces ouvertures, on perçoit le besoin d'une réflexion plus globale et plus profonde sur la contribution des TIC à la culture et au développement durable dont elles constituent sans doute une voie privilégiée vers cette société de la connaissance qui ne pourra être que "durable".

 

Jacques Brégeon

Président de l'Ecole des métiers de l'environnement (Rennes)

Directeur du Collège des hautes études de l'environnement et du développement durable 

E-mail : bregeon.jacques@wanadoo.fr